Qu’est-ce donc que la fréquence 432 ? Existe-t-il vraiment une fréquence naturelle, balayée par les nazis pour contrôler les peuples via la musique ? Notre ADN vibre-t-il véritablement au 432 Hz ? Une fois séparé le bon grain de l’ivraie, que reste-t-il de cette thèse en vogue dans les milieux conspirationnistes ?


Que veut dire 432 ?

Peut-être ne le savez-vous pas ? La majorité de la musique est réglée à une fréquence de 440 Hz. Mais qu’est-ce qu’une fréquence ? C’est simple, il s’agit « du nombre de cycles complets de vibrations en une même seconde. »
En fait, on accorde les notes d’un instrument de musique à partir d’une « note-étalon ». Cette note de référence est un LA dont la fréquence est de 440 Hz.
Si, actuellement, la fréquence de référence est conventionnellement fixée à 440 Hz, par le passé, ce n’était pas aussi unanime ! Ainsi, certaines œuvres de musique ancienne et certains instruments pouvaient employer un « diapason » différent. En réalité, l'accord des instruments à sons fixes se conforme à un système d'accord spécifique selon le type de musique, l'époque et le lieu !
Bon, jusqu’à présent, rien de nouveau sous le soleil… poursuivons…
Lorsque l’on parle d’une musique en 432, cela signifie donc que la fréquence de référence a changé ! Ce n’est plus un LA de 440 Hz mais un LA de 432 Hz. Ainsi, toutes les notes de mon instrument seront accordées à partir de cet étalon. Ce que nous percevrons d'emblée, c’est que les mélodies seront légèrement plus aiguës.


Que s’est-il passé dans l’histoire de la musique ?

Sachez avant tout que le fait de créer une « norme » de la hauteur des sons (fréquence) est très récent. Cela ne date que du milieu du XXe siècle ! Durant l’Antiquité, par exemple, on ne s’intéressait pas à reproduire un même son de référence d’un « concert » à l’autre. Au Moyen-âge, la musique se jouait naturellement, sans se soucier de son impact sur le vivant. A cette époque, elle servait à séduire par les chants d’amour courtois ou à exalter les armées de preux chevaliers.

A cette époque, la musique était a-diastématique. Cela signifie qu’il n’y avait pas de représentation spatiale de la hauteur des notes (les notes graves en bas, les notes aiguës en haut). En fait, ce n’est qu’aux alentours de 1026, qu’est développée la théorie de la solmisation (ouvrage Micrologus de Gui d’Arezzo), avec les noms que l’on connaît (do ré mi fa sol la si) qui avance l’idée « d’une note égale en tout temps à une même hauteur ».


Vous allez voir, à travers l’histoire de la musique, tout cela fut fort disparate !

  • Pour la musique du XVIe siècle : on utilise le LA 466 Hz
  • pour le baroque vénitien (exemple : Vivaldi) : c’est le LA 440 Hz
  • pour le baroque allemand (exemple : Jean-Sébastien Bach) : c’est le LA 415 Hz
  • pour le baroque français (exemples : Couperin, Marais, Charpentier) : on s’accorde sur le la 392 Hz.


Il existe donc différents diapasons comme le diapason Haendel 423 Hz, le diapason Mozart 422 Hz, celui de l’opéra de Paris, dit Berlioz, 449 Hz, celui des pianos Steinway aux USA, 457 Hz.»


Du 432 au 440 Hz :


Ainsi, pas à pas, les prémices d’une rationalisation vont apparaitre. En 1884 et pour une durée de 55 ans débute le règne du 432 Hz ! C’est grâce au compositeur Giuseppe Verdi qui obtint de la commission musicale du gouvernement italien un décret de loi normalisant le diapason à un LA à 432 vibrations par seconde. Ce décret est exposé au conservatoire Giuseppe-Verdi de Milan. »
Grâce à Verdi, le 432 Hz devient donc la référence à la fin du XIXe siècle.
Mais à Londres, en 1939 (date du début de la 2de guerre mondiale), la Fédération internationale des associations nationales de standardisation, décide d’un diapason étalon-mètre à 440 Hz ! Cette décision sera entérinée quelques années plus tard, lors d’une conférence internationale à Londres en 1953, malgré les protestations des Italiens et des Français, attachés au LA 432 Hz de Verdi.
Enfin, en janvier 1975, le diapason LA 440 Hz devient une norme (ISO 16 : 1975). C’est ainsi qu’elle deviendra la règle dans tous les conservatoires de musique. La fréquence 440 Hz a donc gagné la « bataille institutionnelle », s’érigeant de fait au rang de « standard international ».


Alors, que faire de l’ivraie complotiste ?


Eh oui, la théorie du complot sévit parfois dans des domaines plutôt inattendus !
Ainsi, il est parfois -ou souvent- expliqué qu’Hitler aurait fait supprimer le 432 Hz pour « universaliser » le 440 Hz. En effet, souvenez-vous, c’est en 1939 que le 440 fut promulgué en étalon-mètre au détriment du 432. Ceci peut, en effet, laisser penser à un coup d’état musical des nazis, d’autant que les Allemands avaient choisi depuis bien longtemps le 440 Hz, vers 1700.
Alors... les nazis voulaient-ils appliquer le précepte Platonicien : « si tu veux contrôler le peuple, commence par contrôler sa musique » ?
De plus, avec la volonté d’Hitler de rebâtir « le grand empire germanique disparu » et son goût prononcé pour les Arts, la musique s’est alors vue instrumentalisée, devenant un des fers de lance de ce désir de grandeur perdue. Or, la Fédération internationale des associations nationales de standardisation de l’époque n’était en rien nazie !


Alors, où est le bon grain ?


Le retour du diapason 432 est une mode assez récente faisant appel à toutes sortes de théories plus ou moins probables.

Philippe Barraqué explique que lorsque nous improvisons une mélodie chantée, nous nous accordons sur un LA dont la fréquence se situe entre 392 et 432 Hz. Donc, spontanément, nous nous accordons sur un ton différent du 440 Hz. Il dit aussi que c’est la raison pour laquelle les instruments anciens de la musique baroque étaient souvent accordés sur un diapason plus bas facilitant l’accompagnement des voix. Les données musicologiques corroborent l’utilisation de diapasons généralement plus bas qui nous relient aux battements périodiques de l’origine de la vie !

Cependant, affirmer que le LA 432 Hz agit sélectivement sur le milieu aqueux de nos cellules reste une argumentation hasardeuse. En effet, la fréquence de l’eau frôle celle des rayons infrarouge et transposée quelque trente octaves plus bas, elle fait entendre un Ré # sur 310 Hz. Il en est de même pour les arguments corrélant le 432 Hz avec les géométries sacrées, les lois de l’univers, la fréquence du cosmos …etc. Pour plus de clarté, n’hésitez pas à rechercher les écrits de Emmanuel Comte sur ces brûlants sujets !


Notre « préférence » pour un bol de cristal de la gamme en 432 Hz relève de notre culture, de nos croyances, de nos conditionnements ou de notre propre subjectivité. En cela réside un atout majeur qui fonde la richesse de nos différences !
Ecoutons et ressentons les mélodies, sans que le mental préside à notre appréciation. Mais soyons discernant quant aux informations qui circulent afin d’honorer cette vérité qu’inspire la dimension cristalline que nous portons en nous.

Namaste les Cristallins,
A Tout bientôt